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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 22:33

Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas croisé sa gueule dans un miroir, deux ans bientôt qu’Anna n’était plus à ses côtés. Deux ans passés dans le noir, deux ans à se demander pourquoi…

Deux ans de tristesse et d’amertume.

Ce matin-là, en se réveillant, William sut que cette journée allait être importante, un tournant dans sa vie, des décisions vitales devaient s’imposer et aujourd’hui serait une renaissance.

Dans ce miroir qu’il n’arrivait plus à quitter des yeux, se reflétaient tous les moments partagés avec Anna, des plus intimes, des plus joyeux aux plus douloureux.

Comme c’était difficile, pourquoi lui infliger cette peine ?

Lui, d’ordinaire si positif, était devenu un autre homme, mais à la vue de ce visage et de ce film qui défilait devant lui, une onde de furtif bonheur, qu’il fallait saisir, l’envahit.

Il s’empara d’un rasoir, retrouva ce geste instinctif et masculin qui l’avait quitté depuis ces deux années.

Un fond de mousse, une lame plus très coupante qui ne l’empêcha pas d’inciser son visage et la barbe disparut : William redevint comme avant.

Jazz Radio diffusait une reprise d’Elton John chantée par Therez Montcalm, tout prit alors son sens… « Sorry seems to be the hardest word« lui révéla ce qu’Anna voulait lui dire mais qu’il ne pouvait évidemment entendre.

PARDON. Anna ne cessait de le lui répéter depuis qu’elle n’était plus là.

William ne pouvait comprendre, ne pouvait lui pardonner de l’avoir laissé seul sans explication, sans lui avoir parlé.

Tant de questions laissées sans réponse. Pourquoi était-elle partie sans rien laisser ? Pas un jour ne s’était passé sans qu’il l’implore de lui faire une signe, et là , ce matin, elle était devant lui. Il avait envie de la toucher, de la faire sortir de ce miroir, de l’enlacer, lui parler, lui dire qu’il ne pouvait exister sans elle. Mais elle lui demandait de l’écouter , de la comprendre, de compâtir et surtout de lui pardonner, il devait être prêt.

Il devait réagir tout de suite et la laisser partir, ce qui, bien sûr, ne voulait pas dire l’oublier.

William et Anna s’aimaient depuis quatre ans d’un amour passionné, véritable, un vrai modèle pour leurs amis et famille. Tout semblait si serein. Et ce mardi soir… William rentrait dans leur appartement de la rue Mouffetard, pas un bruit. Cela ne ressemblait pas à la vie habituelle de ce lieu où régnait la musique qui rythmait la journée et la soirée.

Il appela Anna : pas de réponse.

Ils devaient ce soir-là dîner chez des amis et fêter leurs 3 ans de mariage.

20 heures sonnèrent, pourquoi n’était-elle pas assise dans sa chauffeuse, près du feu, fumant sa cigarette et explosant de rire à la lecture de son dernier livre girly « Confessions d’une accro du shopping » ?

Il s’avança vers la chambre pour se changer.

Il repensait à sa conversation de la veille au soir, plus exactement se souvint des 5 derniers mots entendus avant de tomber dans les bras de Morphée… « Ne m’oublie pas… je t’aime ».

Cette nuit fut majestueuse, emprunte de bonheur, celui que l’on ne voudrait jamais oublier. Tant de tendresse et d’amour se dégageaient de leur étreinte…

Il sortit de sa poche le cadeau destiné à sa dulcinée ; il aurait préféré le lui donner avant de partir , profiter de ce petit moment à deux. Cette bague, Anna la lorgnait depuis des mois, il savait qu’elle la comblerait.

Il poussa la porte.

Ce bijou lui ressemblait tant…

Elle avait raison de l’aimer, il lui était destiné.

Ces brillants multicolores qui sertissaient l’anneau en argent étaient ELLE, tout ce qui l’incarnait : la pureté, la douceur, l’éclat, la joie de vivre, l’éternité…

Les rideaux de la chambre étaient tirés, Anna était allongée sur le lit, elle dormait.

William s’inquiéta, s’approcha, l’embrassa sur le front. Anna ne répondait pas, elle semblait avoir froid, son corps était gelé. William toucha son visage, vit sur la table de nuit un verre d’eau et des boîtes de médicaments.

Que s’était-il passé ? Pourquoi ne lui avait-elle pas téléphoné ?

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Published by Gwenn - dans nouvelles
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